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Une fin d'année sous tension pour le monde agricole

ÉDITO | décembre 2025

En cette fin d’année, plusieurs dossiers majeurs viennent percuter le quotidien déjà bien chargé de nos agriculteurs et agricultrices.


Le premier concerne les États généraux de la protection des cultures. Après une séance inaugurale réussie, l’élan est malheu-reusement retombé. L’absence de planning clair, des réunions sans cesse reportées : difficile, dans ces conditions, pour nos agriculteurs de rester disponibles et impliqués. La concertation exige une organisation solide ; on en est encore loin.


Dans la foulée, la ministre Dalcq a annoncé le lancement d’une stratégie foncière pour une agriculture à taille humaine et une Wallonie souveraine dans son alimentation. Six groupes de travail seront constitués autour de thématiques essentielles : le bail à ferme, la définition et le contrôle de l’agriculteur actif, la lutte contre la spéculation foncière, la mise en location des terres publiques, la transmission des exploitations et les sociétés agricoles. 

Nous le rappelons avec force : l’accès à la terre est le pilier du renouvellement des générations et de la durabilité du secteur. Sans solutions solides, les mots resteront des intentions.


Troisième dossier : le ministre Coppieters, à la suite des auditions parlementaires, propose de nouvelles mesures visant à réduire l’usage et l’impact des produits phytopharmaceutiques (voir actualités politiques page 14). Pour notre syndicat, il est évident que les pratiques agricoles doivent être compatibles avec la protection de la qualité de l’eau, notre santé et celles de nos concitoyens.


Des évolutions sont nécessaires mais, comme rappelé par l’ensemble des acteurs interrogés lors des auditions, ce changement doit être soutenable pour nos fermes et nous ne pouvons pas le porter seul ! La FUGEA demande des évaluations des impacts de ces mesures, un calendrier réaliste et surtout des solutions de soutiens chiffrées à la hauteur des enjeux.


Que ces chantiers tombent tous en fin d’année traduit un manque d’anticipation inquiétant. La FUGEA le dit clairement : basta les réactions dans l’urgence ! Nous exigeons une concertation planifiée, sérieuse et cohérente pour éviter les crispations inutiles entre décideurs et monde agricole.


Et n’oublions pas que, dans les mois qui viennent, se joue aussi l’avenir de la PAC. Lors du trilogue, nos responsables politiques (ministres, députés européens, ...) devront se montrer réalistes : on ne peut pas ambitionner une agriculture plus durable, des exploitations viables et transmissibles, tout en acceptant un budget européen réduit de 23% (voir plus de 30% en comptant l’inflation) !


Afin d’entendre les velléités de la Commission et de nos représentants européens, nous vous invitons à venir nombreux à notre congrès le 12 février 2026 (voir page 5).

En 2026, plus que jamais, l’agriculture aura besoin de cohérence, de visibilité et de respect. La FUGEA continuera à porter la voix des paysans et des paysannes.



Protection des cultures : Etats généraux cherche vision générale