Se rendre au contenu

Signature de l'accord UE-MERCOSUR: un scandale démocratique contre lequel nous nous opposons !

ÉDITO | janvier 2026

Nous l’annoncions dans notre édito de septembre : la fin d’année allait être explosive au niveau européen ! Et cela n’a pas manqué, avec un dossier “Mercosur” qui représente parfaitement les incohérences et les dangers de certains responsables européens.


Petit résumé de la situation... La Commission aurait souhaité que les États membres adoptent l’accord mi-décembre. Suite aux pressions mises sur le Conseil européen, notamment par les mobilisations agricoles en France, en Grèce et en Belgique, le vote a été reporté. Mais ce n’était que partie remise. Et malgré de nouvelles actions de blocage héroïques en Belgique et partout en Europe, le Conseil a voté pour l’accord ce 9 janvier !


Certains brandiront les mesures de sauvetage proposées par la Commission pour calmer la colère du monde agricole, mais pour la FUGEA elles ne s’apparentent à rien d’autre qu’à un écran de fumée. Les 45 milliards € ne sont qu’une avance sur un budget existant, qui n'est pas obligatoirement dédié à l'agriculture. Les clauses de sauvegarde sont inapplicables. Elles n’effaceront pas les impacts de ce traité anachronique.


Cette signature est une trahison pour le monde agricole et un scandale démocratique. La Commission et ses alliés auront enchaîné les passages en force. En scindant l'accord, la Commission avait déjà manœuvré pour éviter les votes par les parlements natio-naux et donc d'éventuels vétos. Aujourd'hui, c’est la parole du Parlement européen qui est niée : sa position n’a pas été prise en compte lors du trilogue et de la saisine déposée à la Cour de Justice de l'UE a été bloquée. Pire, nous apprenons que l’accord pourrait entrer en vigueur sans attendre le vote du Parlement européen !


Comment accepter qu’une institution non élue puisse ignorer à ce point un vote démocratique ? Comment comprendre que les alertes répétées du terrain, venues de milliers d’agriculteurs, restent lettre morte ? À nos yeux, il s’agit d’une dérive antidémocratique extrêmement inquiétante. Une Europe bâtie sur l’écoute et le consensus se transforme peu à peu en un appareil politique distant, déconnecté, persuadé de détenir seul la vérité.  Il est temps de dire STOP.


Il est urgent de ramener de la transparence et de la cohérence dans les décisions des politiques agricoles ! Et cela vaut aussi en Wallonie où, dans certains partis, certaines personnes mouillent la chemise pour s’opposer à l’accord UE-Mercosur, tandis que d’autres poussent pour le signer ou avancent une suppression des normes pour s'en sortir. Cette fuite en avant est intenable. La priorité est claire : sortir l'agriculture du libre-échange et réguler les marchés pour garantir des prix justes et stables. Et cela se passe d'abord au niveau européen.


L’année 2026 s’annonce cruciale. En plus de l’accord UE-Mercosur, c’est le budget européen et la future PAC qui seront négociés. Si nos dirigeants veulent réellement soutenir nos revenus, le renouvellement des générations, la transition de nos pratiques ou la relocalisation de notre alimentation, il faudra changer de cap. La FUGEA sera présente en première ligne pour faire entendre votre voix.


Pour discuter de ces enjeux, nous vous invitons à notre Congrès 2026 qui aura pour thème “Europe : “(Que) Veux-tu de tes agriculteurs et agricultrices ?”. Une question que nous nous posons toutes et tous sur le terrain. Pour débattre de ce thème, nous accueillerons Philippe Lamberts, conseiller auprès d’Ursula von der Leyen, ainsi que des eurodéputés ou représentants des différents partis politiques wallons.



Une fin d'année sous tension pour le monde agricole