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Rentrée politique sous tension : défendre l'avenir de notre agriculture

ÉDITO | Lettre paysanne - septembre 2025


La rentrée politique s’ouvre dans un contexte international chargé, où les accords commerciaux se succèdent au détriment du monde agricole. Alors que les discussions sont encore en cours pour un potentiel accord Mercosur, c’est désormais l’accord transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis qui a fait parler de lui ce 24 août. Cet été, la Commission européenne a accéléré les discussions pour ratifier trois accords de libre-échange : avec les USA, le Mercosur et le Mexique. Les négociations, menées au nom de la compétitivité, ont une fois de plus sacrifié nos producteurs et nos standards de qualité sur l’autel du libre-échange (voir page 22 de la Lettre Paysanne).


Pour la FUGEA, il est impératif de rappeler que l’agriculture ne peut pas se réduire à une variable d’ajustement économique. Nos fermes familiales, nos pratiques agroécologiques et nos territoires ruraux ne peuvent rivaliser avec des systèmes produc-tivistes qui tolèrent des pesticides interdits ici, des normes sociales plus faibles ou des conditions de production déloyales.


Par ailleurs, la rentrée du Gouvernement wallon va se dérouler autour d’autres dossiers agricoles tout aussi stratégiques :

  • États généraux de la protection des plantes : la transition vers moins de pesticides doit être menée avec ambition mais aussi avec des alternatives crédibles et des soutiens adaptés. On ne peut pas demander aux agriculteurs de changer sans leur donner les moyens de le faire ;
  • Plan de Gestion Durable de l’Azote (PDGA) et lutte contre l’érosion des sols : protéger nos terres est essentiel, mais les règles doivent être justes, praticables et adaptées à la diversité des exploitations ;
  • Définition de l’agriculteur actif : il est grand temps que les aides publiques soient réservées aux vrais actifs, celles et ceux qui vivent réellement de leur métier et qui entretiennent nos campagnes ;
  • Renouvellement des générations : sans jeunes qui s’installent, il n’y aura plus d’agriculture demain. L’accès à la terre, la transmission et un revenu digne doivent être garantis.

Ces débats ne sont pas que techniques : ils engagent le modèle agricole de demain. Allons-nous continuer à laisser les accords commerciaux et les normes incohérentes affaiblir nos fermes ou allons-nous défendre une agriculture nourricière, protégeant l'environnement et notre santé et rémunérant dignement des agriculteurs-trices ?


La FUGEA a toujours défendu la deuxième voie. Avec conviction, nous continuerons à porter la voix des paysans et paysannes pour que les choix politiques renforcent, plutôt qu’affaiblissent, notre souveraineté alimentaire, nos terres et nos campagnes.


En cette rentrée, nous appelons l’ensemble des responsables politiques à choisir clairement : défendre les intérêts des multinationales ou soutenir une agriculture paysanne qui nourrit, protège et fait vivre nos campagnes.


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