ÉDITO | Lettre Paysanne - novembre 2025
Ce 31 octobre a eu lieu la séance inaugurale des Etats généraux de la Protection des cultures. Lancés par la Ministre Dalcq et pilotés par le CRA-W, ils ont pour objectif de faire le point sur l’ensemble des outils disponibles pour les agriculteurs·trices en matière de protection des plantes. Des discussions collectives seront organisées par types de cultures avec pour objectif de développer une boîte à outils de solutions techniques adaptée à la réalité de terrain.
Pour la FUGEA, les pesticides doivent être traités comme un sujet politique prioritaire et le lancement de ces Etats généraux est un bon signal. Ces intrants ont accompagné l’évolution du modèle agricole et sont devenus l’outil principal pour répondre aux exigences des filières. Mais aujourd’hui, il est prouvé que cela s’est fait au prix d’impacts sanitaires et environnementaux négatifs. Notre cap est clair : réduire à court terme l’usage et les risques des pesticides, pour en sortir à plus long terme. Pour y parvenir, la FUGEA plaide pour une approche systémique, considérant l’ensemble du système agricole plutôt qu’une culture isolée, et allant au-delà des seules réponses techniques.
Premièrement, parce que l’usage des pesticides doit être raisonné à l’échelle de la ferme et de son modèle. Allonger ces rotations, introduire des cultures moins gourmandes en intrants, miser sur la lutte biologique, etc. : une approche systémique et agroécologique sont cruciales. Dans les fermes d’élevage, le choix du modèle fourrager a aussi son importance : les modèles herbagers sont plus économes en pesticides (et en engrais) grâce à la valorisation des prairies qui ne nécessite quasi aucun traitement.
Deuxièmement, parce que la transition doit être pensée à l’échelle du système agricole et alimentaire. Le nécessaire changement de modèle ne peut pas uniquement reposer sur les épaules des agriculteurs·trices ou du monde de la recherche. Que produit-on ? En quelles quantités ? Selon quels modèles économiques ? Et au profit de qui ? Ces choix politiques sont essentiels pour réduire l’usage des pesticides et doivent être discutés. Lors des auditions au parlement wallon, nous avons rappelé nos revendications : régulation des prix, développement du bio, défense l’élevage à l’herbe, soutien à la recherche et l’accompagnement, approche multi-acteurs, etc.
Pour ces raisons, la FUGEA soutient l'initiative collective visant à organiser un groupe de travail spécifique dédié aux solutions systémiques, en parallèle des travaux lancés par la Ministre. Notre syndicat continuera à défendre notre vision et nos réalités de terrain sur ce dossier crucial !