mercredi 20 mai 2026
DeSmog, The Guardian, El Diario.es et G4Media.ro ont publié un rapport accablant détaillant comment la famille du dirigeant des Émirats arabes Unis, une des familles les plus riches du monde, a reçu plus de 71 millions d’euros du budget de la PAC de l’UE sur six ans !
Comment ? Grâce à l’acquisition de quelque 65.000 hectares en Roumanie, en Italie et en Espagne (achetés et gérés par des sociétés détenues par cette famille).
En Roumanie, la société Agricost gère notamment 57.000 hectares et a perçu 10,5 millions d’aides PAC en 2024 (1600 fois le montant perçu par une ferme moyenne dans l’UE). En Espagne et en Roumanie, ces terres produisent des fourrages dont la majeure partie est exportée vers les pays du Golfe. Une gestion à l’opposé de notre objectif de souveraineté alimentaire.
Ce scandale rappelle que la distribution des aides PAC et la gestion des terres agricoles ne sont pas suffisamment encadrées ! En Wallonie, nous subissons aussi ces problématiques (mais avec d’autres acteurs étrangers) ! Pour y remédier, la FUGEA milite depuis des années autour de trois enjeux :
1/ Comment distribue-t-on les aides PAC ?
- Il est nécessaire de revoir la définition de l’agriculteur actif afin que les aides soient destinées aux hommes et femmes qui vivent réellement de leur travail de la terre.
- Il est urgent de plafonner les aides PAC pour éviter la concentration des terres au bénéfice de quelques acteurs. La FUGEA défend depuis longtemps un plafonnement de chaque enveloppe PAC.
2/ Quelle utilisation de la terre agricole ?
- Notre priorité : produire pour nourrir et relocaliser notre alimentation. Or, nos terres sont de plus en plus détournées de leur vocation nourricière (production d’énergie, chevaux, etc.) voire uniquement dédiée à l’exportation.
- L’attribution des aides PAC doit tenir compte des usages et leur destination (approvisionnement local ou exportation) !
3/ Qui contrôle nos terres ?
- La souveraineté alimentaire passe par une gestion des terres par les agriculteurs et agricultrices locaux. Il est temps de protéger notre foncier agricole, notre capacité à nourrir notre population et à préserver l’environnement et notre santé. Pour ce faire, les autorités doivent encadrer le marché acquisitif.
Les négociations de la PAC post-2027 et de la stratégie foncière wallonne sont en cours ! Il est temps de changer les règles du jeu pour soutenir une agriculture durable, gérée par des fermes autonomes, au service de notre souveraineté alimentaire.