23 avril 2026
Hier (22 avril), la FUGEA était auditionnée par la Commission des questions européennes du Parlement de Wallonie au sujet de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada.
Cet accord, déjà appliqué provisoirement, est actuellement en cours de ratification en Belgique (17 Etats Membres devant encore le ratifier).
À cette occasion, notre porte-parole, Hugues Falys, a réaffirmé une position constante du syndicat : sortir l’agriculture des logiques de libre-échange et construire un cadre commercial alternatif fondé sur la souveraineté alimentaire, telle que définie par La Via Campesina.
En 2024, le Dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture de l'UE concluait à la nécessité d'avoir des règles commerciales plus justes et équilibrées. Mais force est de constater que la Commission européenne poursuit dans son logiciel de libre-échange, en témoignent les nombreux traités en cours de négociation (Mercosur, Australie, Inde, etc.). Pour rester compétitif sur notre propre marché, certains proposent de déréguler nos normes sous couvert de simplification. Nous dénonçons cette fuite en avant court-termiste qui ne favorisera que les acteurs industriels, au détriment de nos fermes qui protègent l’environnement et la santé publique.
« L’Union européenne a besoin d’alliés dans un monde instable, mais cela ne peut pas se faire au détriment de notre souveraineté alimentaire, de notre santé et de notre planète. Chaque accord commercial devrait être une opportunité d’imposer des règles justes et durables. », a rappelé Hugues Falys.
La FUGEA insiste sur l’absence de clauses miroirs dans le CETA, qui permettraient d’interdire l’importation de produits ne respectant pas les normes imposées aux producteurs européens. Le chapitre consacré au commerce et au développement durable reste par ailleurs non contraignant, ce qui favorise une concurrence déloyale.
Dans la filière bovine, l’accord prévoit un contingent d’importation de 65 000 tonnes à droit zéro. Si ce quota est aujourd’hui peu utilisé (entre 2000 et 5000 tonnes par an), notamment en raison de l’interdiction des hormones de croissance dans l’UE, la FUGEA s’interroge sur son évolution future.
L’accord facilite également les importations de lentilles canadiennes, dont les droits de douane ont été supprimés. Or, le Canada est le premier producteur mondial et représente près de 50 % des importations européennes, alors même que l’UE importe environ 250 000 tonnes par an pour une production interne de 100 000 tonnes. Cependant, la crise énergétique et du prix des engrais azotés minéraux rappelle l'importance de soutenir et protéger les cultures de légumineuses chez nous!
Présent lors de l’audition, Kris Van Wynsberghe, producteur de lentilles et membre de la FUGEA, a témoigné des difficultés du terrain : « Le principal défi reste le développement de débouchés. Mais il est impossible d’être compétitif face à des productions utilisant des substances interdites chez nous, comme la métribuzine, ou recourant au glyphosate jusqu’à quelques jours avant la récolte. » Notre syndicat alerte également sur les enjeux sanitaires, rappelant que la limite maximale de résidus (LMR) de glyphosate dans les lentilles a été multipliée par 100 en 2012 afin de permettre leur importation, notamment depuis le Canada.
La position de la FUGEA est claire : Oui, l’Union européenne a besoin de partenaires internationaux. Mais elle refuse un commerce qui fragilise les fermes, leur solidité et leur capacité à nourrir la population de manière saine.
La FUGEA appelle dès lors le Parlement de Wallonie à rejeter l’accord en l’état.
Contacts presse
- Philippe Duvivier (président) : 0491 56 33 86
- Hugues Falys (porte-parole) : 0497 61 64 14
- Timothée Petel (chargé de mission) : 0499 90 75 92