Se rendre au contenu

La FUGEA sera présente à la mobilisation pour les droits des travailleurs et travailleuses agricoles organisée par l’EFFAT ce 3 novembre à Bruxelles

mardi 3 novembre 2026

Ce mardi 3 novembre, la Fédération européenne des syndicats de l’alimentation, de l’agriculture et du tourisme (EFFAT) organise une mobilisation à Bruxelles pour défendre des conditions de travail équitables dans l’agriculture européenne. La FUGEA sera présente à ses côtés. Cette mobilisation intervient en réaction à la position du Conseil des ministres de l’Agriculture sur la réforme de la PAC post-2027. Le 26 octobre, les ministres sont parvenus à un accord sur une grande partie des règles de répartition des aides, les autres étant déterminées dans le cadre du règlement sur le budget européen.

Pour la FUGEA et notre organisation européenne ECVC, le constat est clair : le Conseil privilégie la flexibilité nationale au détriment d’une approche commune, menaçant ainsi les ambitions de la future PAC. La proposition de la Commission européenne était déjà peu contraignante pour les États membres, mais le Conseil leur donne encore davantage de latitude dans l’élaboration de leurs plans PAC.

Une évolution nous inquiète particulièrement : la conditionnalité sociale, qui lie le versement des aides agricoles au respect des règles applicables en matière de droit du travail, deviendrait facultative voire serait tout simplement supprimée. Pour l’EFFAT, qui représente les travailleurs et travailleuses du secteur, cette évolution constituerait un recul majeur. Nous partageons cette préoccupation : les droits des personnes qui travaillent dans nos fermes doivent être respectés et protégés, dans tous les pays d’Europe de la même manière. Certaines exploitations des pays d’Europe du Sud contournent illégalement les droits des travailleurs et travailleuses ruraux, ne leur offrant ni conditions de travail, ni salaires décents. Supprimer la conditionnalité sociale ne ferait que renforcer ce phénomène. Maintenir la conditionnalité sociale, c’est soutenir la justice sociale et un commerce équitable entre les pays de l’Union européenne.

La FUGEA a en outre dénoncé différentes orientations comme l’affaiblissement des ambitions en matière de répartition plus équitable des aides (puisque les dispositifs de soutien aux petites et moyennes fermes deviendraient facultatifs) et en matière de transition agroécologique (contrairement à ce que proposait la Commission européenne, le soutien à l’agriculture biologique ne serait par exemple plus obligatoire). Face aux multiples défis rencontrés sur le terrain, nous avons besoin d’une PAC forte et ambitieuse fondée sur une approche commune et un ciblage stratégique des aides, qui tienne compte des enjeux auxquels nos fermes sont confrontées : résilience agronomique, renouvellement des générations, crises environnementales et autonomie des exploitations. Le Conseil s’éloigne de cet objectif.

Des représentants de la FUGEA seront présents ce 3 novembre à Bruxelles pour dénoncer cette orientation du Conseil et sa volonté de supprimer la conditionnalité sociale. Nous rappellerons que nous avons besoin d’une PAC capable de maintenir et d’installer un maximum d’agriculteurs et d’agricultrices, de soutenir la transition agroécologique et l’autonomie de nos fermes, et de relocaliser les productions dans une logique de souveraineté alimentaire. Tout n’est pas joué : le Parlement européen doit encore adopter sa position. Nous comptons sur nos eurodéputés pour rectifier le tir à l’échelle européenne.

Contacts presse

  • Philippe Duvivier (secrétaire politique) : 0491 56 33 86  
  • Vincent Delobel (porte-parole) : 0487 90 52 02
  • Marie-Aline Cornu (administratrice) : 0471 21 49 64
  • Eliott Deprins (chargé de mission) : 0492 29 72 85    


 

 



Future PAC : le Conseil privilégie la flexibilité au détriment de l’équité et de la transition agroécologique