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Crise du prix du lait : il est urgent de réguler la production européenne et de protéger les prix payés aux éleveurs dans la filière laitière belge

image - ferme de L'Esclaye

Communiqué de presse | 6 février 2026

Les éleveurs laitiers européens font face à une violente crise du lait. Les prix se sont en effet effondrés au cours des derniers mois, suite à une augmentation de la production de lait à l’échelle mondiale, notamment en Europe. Aujourd’hui, les éleveurs produisent à perte : la situation n’est pas tenable. La FUGEA appelle à l’activation des outils de régulation au niveau européen, ainsi qu’à des actions au sein de la chaîne alimentaire en Belgique. 

Un prix du lait en chute libre, largement en dessous des coûts de production 

Début 2025, le prix du lait s’élevait à 53 cents/litre en Belgique. Mais ces derniers mois, il s’est effondré de près de 40 % pour atteindre 35 cents/litre en janvier ! La situation pourrait encore se dégrader et atteindre 30 cents/litre dans certaines laiteries. C’est une catastrophe. 

Les éleveurs laitiers wallons produisent aujourd’hui à perte, leur coût de production avant rémunération du travail étant en moyenne de 46 cents/litre (selon le baromètre laitier de l’administration wallonne). Cette chute des prix concerne l’ensemble de l’Union européenne, même si la Belgique se démarque tristement avec les prix les plus faibles de l’UE. 

Une activation urgente des outils de régulation européens 

Cette crise s’explique par une augmentation de la production à l’échelle mondiale, notamment due à une hausse de la production européenne au deuxième semestre 2025. Plusieurs pays et organisations en Allemagne, en Italie, en Pologne, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie demandent donc l’activation de la réserve de crise de la PAC afin de financer une réduction volontaire de la production laitière. 

Pour la FUGEA, il est en effet urgent d’enclencher une démarche visant à réduire la production actuelle. Nous rappelons toutefois qu’il est indispensable d’ouvrir une véritable réflexion en vue d’une régulation plus structurelle du marché, dans le cadre des réformes actuelles de la PAC et de l’OCM. 

Une protection des prix dans la filière laitière belge 

Depuis plusieurs mois, le prix du lait en Belgique est le plus bas de l’Union européenne. Malgré certaines annonces et la mise en place d’une Task Force en 2024, la question des prix payés aux producteurs n’a toujours pas été réglée. La FUGEA rappelle donc à nos décideurs politiques qu’il est urgent de valider un cadre politique interdisant l’achat de produits agricoles en dessous des coûts de production. 

À court terme, nous demandons aux acteurs de la filière laitière belge — laiteries et grande distribution — de ne pas abandonner nos fermes. Il est hors de question que nos éleveurs soient, une fois de plus, la variable d’ajustement des filières pour amortir le choc. Un mécanisme de solidarité visant à assurer un retour de la valeur vers les fermes doit être mis en place. 

À moyen terme, une réflexion est également nécessaire sur les modes de production (élevage à l’herbe, autonomie des fermes) et sur la valorisation de notre lait: il faut sortir de notre trop grande dépendance aux marchés mondiaux et se recentrer sur des produits à haute valeur ajoutée destinés au marché intérieur. 

La FUGEA a écrit aux ministres Dalcq et Clarinval afin d’agir rapidement. Ces questions seront également au centre de notre Congrès, qui se tiendra le jeudi 12 février à Bouge, en présence de la ministre Dalcq, de Philippe Lamberts et de cinq eurodéputés (plus d’information ici)


Contact

  • Quentin Goffinet – vice-président et éleveur laitier : 0497 71 40 64
  • Yves Vandevoorde – directeur politique : 0491 39 49 50 
  • Timothée Petel – chargé de mission politique :  0499 90 75 92 – tp@fugea.be 

  


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