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Arrêt temporaire des importations de viande brésilienne: une nécessité qui met en lumière les incohérences de la politique commerciale européenne

Arrêt temporaire des importations de viande brésilienne : une nécessité qui met en lumière les incohérences de la politique commerciale européenne

À partir de ce jeudi 3 septembre, le Brésil ne peut plus exporter vers l’Union européenne une série de produits d’origine animale, dont la viande bovine et la viande de volaille. Cette suspension intervient alors que l’accord commercial UE-Mercosur, poussé par la Commission européenne, est appliqué provisoirement depuis le 1er mai 2026.

20 ans pour imposer un peu de réciprocité

Cette suspension est la conséquence de l’application, après plusieurs années d’attente, d’une véritable « mesure miroir » sur l’utilisation des antimicrobiens. Petit rappel chronologique :

  • En 2006, l’utilisation des antibiotiques comme promoteurs de croissance est interdite dans l’Union européenne (notamment dans le cadre de la lutte contre l’antibiorésistance)
  • En 2019, l’Union européenne adopte le règlement sur les médicaments vétérinaires, qui renforce les restrictions concernant les antimicrobiens et prévoit que certaines de ces exigences s’appliquent également aux produits importés depuis les pays tiers.
  • Depuis 2022, ces règles s’appliquent aux producteurs européens, mais il aura fallu attendre le 3 septembre 2026 pour que ces exigences deviennent pleinement applicables aux importations en provenance des pays tiers.

Concrètement, la Commission européenne demande désormais aux pays exportateurs de fournir des garanties permettant de vérifier que leurs productions destinées au marché européen respectent ces exigences. Or, à ce jour, le Brésil n’a pas fourni les garanties suffisantes pour figurer sur la liste des pays autorisés. Les importations de viande bovine et de volaille sont donc suspendues. Des audits et évaluations sont en cours et pourraient permettre une reprise des exportations si les garanties demandées sont apportées (pour la FUGEA cela signifie des systèmes de contrôle fiables, des audits européens et des contrôles efficaces aux frontières).

Une mesure nécessaire qui révèle surtout une incohérence européenne

Cette suspension est interpellante. Elle rappelle une réalité que nous dénonçons depuis longtemps : nous importons des produits qui ne respectent pas les normes imposées aux agriculteur·rices européen·nes. Les volumes concernés sont loin d’être anecdotiques. Rien qu’en 2025, près de 120 000 tonnes de viande bovine et 265 000 tonnes de viande de volaille ont été importées dans l’UE en provenance du Brésil.

Et cette situation intervient alors même que l’accord UE-Mercosur est appliqué provisoirement depuis le 1er mai 2026. Cet accord prévoit notamment une ouverture accrue du marché européen aux produits agricoles sensibles, avec des contingents à droits de douane réduits ou nul justement pour des produits comme la viande bovine ou la viande de volailles.

Comment la Commission européenne peut-elle promouvoir un accord commercial qui facilite davantage l’accès au marché européen de ces produits tout en reconnaissant, quelques mois plus tard, que le respect de certaines de nos exigences sanitaires et de production n’est pas suffisamment garanti ?

Pour la FUGEA, ces importations sont problématiques à plusieurs titres :

  • Pour nos fermes et leur transition, en créant une concurrence avec des productions soumises à des exigences différentes et en exerçant une pression supplémentaire sur les prix ;
  • Pour la santé publique, car certaines substances et pratiques interdites ou fortement encadrées dans l’Union européenne peuvent être autorisées au Brésil. C’est notamment le cas de certains pesticides, alors même que certaines de ces substances peuvent continuer à être produites en Europe pour être exportées ;
  • Pour l’environnement, alors que les filières agricoles brésiliennes, notamment bovines, sont régulièrement associées à des enjeux importants de déforestation et de traçabilité des chaînes d’approvisionnement.Pour un autre commerce agricole

Pour un autre commerce agricole

La FUGEA dénonce depuis toujours les politiques commerciales fondées sur le libre-échange et la mise en concurrence déloyale des agriculteur·rices.

Il est temps de construire un autre cadre commercial, basé sur la souveraineté alimentaire.

L’établissement de cette mesure-miroir est un minimum. Et celles-ci doivent concerner l’ensemble de nos exigences : normes sanitaires, environnementales, sociales ou de bien-être animal.

L’application de cette mesure miroir sur les antimicrobiens constitue un signal positif. Mais le chantier reste gigantesque : l’Union européenne doit enfin mettre sa politique commerciale en cohérence avec les exigences qu’elle impose à nos agriculteur·rices, afin de protéger nos fermes et de leur permettre de relever les défis auxquels elles sont confrontées.

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Contacts presse

  • Quentin Goffinet (président) : 0497 71 40 94
  • Hugues Falys (porte-parole) : 0497 61 64 14
  • Timothée Petel (chargé de mission) : 0499 90 75 92  


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