21 avril 2026
Le 7 avril 2026, la FUGEA s’est rendue à une réunion de présentation de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) à propos de son action ciblée de pollution au cadmium réalisée dans la production maraîchère en 2025. Une réunion demandée de longue date et censée enfin coordonner les mesures à prendre et accompagner les agriculteurs et agricultrices concernés.
Depuis 2018 et un changement de législation, des maraîchers et maraîchères sont dans le viseur de l’AFSCA. Contrôles répétés et destructions de légumes en production sans aucune explication claire sur cette nouvelle situation ni de perspectives ou solutions pour le futur. Une situation intenable. Jusqu'en 2025, l'AFSCA a minimisé la problématique en isolant les maraîchers et maraîchères qui avaient des dépassements. Contrairement à ce que l’AFSCA prétend, les légumes prélevés n’ont ni été revalorisés en alimentation animale ou via la biométhanisation ni détruits selon des protocoles de destruction qui demeurent à l’heure actuelle indisponibles alors qu’indispensables pour ne pas perpétuer la pollution.
Lors de cette rencontre du 7 avril, AUCUNE solution concrète de dédommagement n’a pu (voire voulu) être discutée et il n'existe pas à l'heure actuelle de solutions agronomiques contrairement à ce que l’AFSCA a tenté d’avancer. Ces deux points étaient pourtant hautement prioritaires à régler.
Nos agriculteurs et agricultrices se trouvent actuellement abandonnés face à une situation dont ils ne peuvent être tenus responsables, qu’il s’agisse de la nature du sol ou de pollutions historiques qu’ils n’ont pas causées. Il n’est pas normal que ce dossier ne soit pas pris en main au niveau politique. Il est en outre totalement inacceptable et outrageux que l'AFSCA rejette la responsabilité des éventuelles contaminations sur les producteurs dans un communiqué de presse opportunément sorti de nulle part alors qu’aucune solution de leur part n’a été apportée.
Le SPW a dévoilé que la pollution pourrait toucher près de 48 000 hectares, soit presque 7% de la surface agricole utile wallonne. Des centaines de fermes pourraient être concernées. Aucun agriculteur ni agricultrice n'a à ce jour été prévenu officiellement par les autorités d'un quelconque problème de pollution aux métaux lourds sur ses terrains. Aucune prévention ni communication n’est par ailleurs faite auprès des nouveaux agriculteurs et agricultrices en installation. Des retours de terrain font état que la problématique de pollution au cadmium s’étend à la production en grande culture et menace de pénaliser les agriculteurs et agricultrices notamment dans les contrats.
La FUGEA a demandé aux ministres Anne-Catherine Dalcq et Yves Coppieters de s’emparer une bonne fois pour toute de ce dossier bien connu par les autorités depuis de (trop) nombreuses années. Notre syndicat a sollicité une réunion en urgence pour trouver des vraies solutions, y compris des indemnisations pour les fermes impactées.
Philippe Duvivier,
Président de la FUGEA
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