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Abattoir d'Ath : des images inacceptables qui doivent conduire à une remise en question globale

mardi 16 juin 2026


La FUGEA a pris connaissance des images diffusées par Gaia concernant l'abattoir d'Ath ainsi que de la plainte déposée à l'encontre de l'établissement. 

Les scènes montrées sont choquantes et inacceptables. Comme l'ensemble de la population, les éleveurs sont profondément heurtés par les traitements infligés aux animaux qui apparaissent dans ces vidéos. Le respect du bien-être animal est au cœur du métier d'éleveur et aucune pratique contraire à la législation ne peut être tolérée. 

Si les faits dénoncés sont confirmés par l'enquête, les responsabilités devront être clairement établies et les sanctions nécessaires devront être prises. La FUGEA attend dès lors les conclusions des autorités compétentes avant de tirer des conclusions définitives. 

Il est également important de rappeler que l'abattoir d'Ath joue un rôle essentiel pour les filières en circuit court et notamment la filière ovine wallonne. Pour préserver cet outil abandonné par les pouvoir public, les éleveurs, bouchers et acteurs locaux se sont mobilisés au sein de la coopérative WapiMeat. Les éventuels manquements constatés dans la gestion de l’abattoir ne peuvent en aucun cas jeter l'opprobre sur l'ensemble des éleveurs qui travaillent chaque jour dans le respect de leurs animaux. 

Au-delà des faits eux-mêmes, cette affaire doit amener une réflexion plus large sur l'avenir des outils d'abattage en Wallonie. Depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics se désengagent progressivement des abattoirs de proximité. Les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures n'ont pas toujours été réalisés, alors même que les exigences en matière de bien-être animal, de sécurité alimentaire et de contrôle sont devenues de plus en plus importantes. 

Cette situation soulève également des interrogations concernant les dispositifs de contrôle. Où étaient les services officiels de l’AFSCA, chargés de superviser les opérations d'abattage ?  Toute la lumière devra être faite sur les éventuels dysfonctionnements. 

La FUGEA appelle le Gouvernement wallon à revoir sa politique en matière d'abattoirs publics et de proximité. La Wallonie doit se doter d'infrastructures modernes, adaptées aux réalités de terrain et répondant pleinement aux attentes sociétales en matière de bien-être animal. Un plan d'investissement ambitieux est aujourd'hui nécessaire afin de garantir des conditions optimales tant pour les animaux que pour les travailleurs de la filière. 

Enfin, cet événement démontre l'intérêt de poursuivre le développement de solutions alternatives telles que l'abattage à la ferme et les unités mobiles d'abattage. En limitant le transport des animaux et le stress qui l'accompagne, ces solutions peuvent contribuer à améliorer davantage le bien-être animal tout en préservant des filières locales fortes et durables. 

La FUGEA continuera à défendre une approche équilibrée associant bien-être animal, soutien aux éleveurs, maintien d'outils d'abattage de proximité et développement de solutions innovantes au service de l'agriculture wallonne. 


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