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Chocs climatiques : faisons reconnaître les pertes du maraîchage

Les chocs climatiques frappent de plus en plus durement nos fermes, mais le maraîchage reste largement absent des dispositifs publics d’indemnisation. Pour faire évoluer cette situation, nous avons besoin de documenter les pertes subies sur le terrain et de faire entendre la réalité des maraîchères et maraîchers.


Nous vous écrivons donc en cette fin d’été 2026, qui aura été rude pour l’agriculture wallonne, et notamment pour le maraîchage. Pour faire face au dérèglement climatique, de nombreuses fermes ont adapté leurs pratiques pour mieux résister. Mais pour tenir sur la durée, nous aurons aussi besoin de soutiens politiques concrets.


Des avancées sont possibles. Lors de la dernière négociation de la PAC, nous avons obtenu un code culture spécifique au maraîchage diversifié et une aide bio associée (4 000 €/ha), fruit du travail de la FUGEA en lien avec le Groupement des Maraîchers Diversifiés Bio (GMDB). Le GMDB s’est essoufflé, mais plusieurs maraîchers et maraîchères ont depuis rejoint la Commission maraîchage de la FUGEA. Notre volonté de faire bouger les lignes est réelle et plusieurs dossiers sont ciblés.


Pour résister au dérèglement climatique, notre priorité est de miser sur des pratiques agronomiques aussi résilientes que possible. Mais même en s’adaptant, certains chocs continueront à frapper nos fermes. La première des sécurités reste un revenu agricole suffisant, fondé sur des prix rémunérateurs et complété par les soutiens de la PAC. Face aux événements extrêmes, un soutien public demeure néanmoins indispensable. C’est notamment le rôle du Fonds des calamités agricoles.


Ce Fonds n’a jusqu’à présent jamais aidé nos fermes maraîchères, alors que leurs pertes peuvent être importantes. Pour qu’une intervention soit possible, il faut cependant des retours de terrain officiels permettant d’acter la calamité agricole, de définir les cultures éligibles et de cibler les fermes concernées. Ces retours passent notamment par une commission communale et l’établissement de procès-verbaux estimant les pertes. Or, très peu de maraîchers et maraîchères entreprennent ces démarches, parfois pas connues et qui ne garantissent pas qu’un soutien sera obtenu. Il n’est donc pas possible d’activer le Fonds pour notre secteur. Aussi, si nous voulons faire évoluer les procédures, nous devons prouver qu’elles ne sont pas adaptées à la réalité de terrain.


Dans ce contexte, nous vous contactons pour :
savoir quelles maraîchères et quels maraîchers ont fait des constats sur le terrain et comment cela s’est passé ;

• encourager les autres producteurs et productrices à faire les démarches nécessaires (participation au commission communale et dépôt des PV – informations disponibles ici : https://agriculture.wallonie.be/calamites-agricoles) ;

• nous envoyer vos retours de terrain sur les pertes de cette année, qu’elles aient été constatées officiellement ou non.

Nous n’avons pas la garantie d’obtenir un soutien du Fonds des calamités cette année (et les chances sont plutôt faibles). Mais nous pensons qu’il est essentiel de rendre visibles les impacts des chocs climatiques sur les fermes maraîchères et d’obtenir des mesures de soutien concrètes pour la suite.


Nous restons à votre disposition pour en discuter,

  • Emilie Verkaeren - Maraîchère et membre de la Commission maraîchage de la FUGEA 
  • Timothée Petel - Chargé de missions politiques à la FUGEA (tp@fugea.be ou 0499 90 75 92)

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