Un terrible incendie a déjà ravagé 3000 ha dans les Hautes-Fagnes.
Comme beaucoup, nous sommes sous le choc face à l’ampleur des dégâts. Nous pensons aux centaines de pompiers mobilisés sur le terrain et aux personnes évacuées. Nous n’oublions pas non plus la faune et la flore de cet écosystème durement touché.
Nous tenions aussi à mettre en avant nos collègues agriculteurs et agricultrices engagés depuis plusieurs jours sur le front, dans les Hautes-Fagnes mais aussi lors d’incendies qui ont frappé d’autres territoires auparavant. Avec leurs tracteurs et leurs citernes, ils arpentent les chemins forestiers pour contribuer à limiter la propagation du feu.
Merci à ces hommes et ces femmes pour leur engagement et leur solidarité.
Cette solidarité sera essentielle pour faire face aux chocs climatiques qui se multiplient. Nous savons que les agriculteurs et agricultrices continueront à répondre présents.
Mais soyons clairs : la protection des civils et de nos écosystèmes ne peut pas reposer sur l’engagement volontaire des agriculteurs.
Entendre la Commissaire européenne Hadja Lahbib se féliciter de voir les agriculteurs « mis à contribution » n’est pas acceptable.
Car rappelons-le : les agriculteurs représentent moins de 2 % de la population active, tout en ayant la responsabilité de nourrir l’ensemble de la société et d’entretenir près de 40 % du territoire, dans des conditions de plus en plus difficiles.
Et pendant ce temps, la Commission européenne propose de réduire de 22 % le budget de la PAC, justement censé soutenir l’agriculture face à ces défis.
User celles et ceux qui sont en première ligne n’est pas tenable. Les récits héroïques et les félicitations ne suffisent pas à tenir face aux évènements extrêmes.
Pour l’avenir et face aux risques qui augmentent, il est nécessaire d’améliorer la coordination entre les agricultteur.rices et les services de secours. C’est une question d’efficacité et de sécurité. Aussi, la question de l’indemnisation des acteurs volontaires tels que les agriculteur.rices doit être discutée.
Nous rappelons enfin que face aux chocs climatiques, nous ne pourrons pas relever seuls les défis qui attendent nos fermes. Nous avons besoin d’une vision claire et d’actes politiques forts.
Le temps des avertissements est terminé. Il est urgent de changer de cap.