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Samedi, 16 Janvier 2010 14:59
Bonjour,

Ce compte rendu synthétique de Agrafil correspond dans les grandes lignes à l'audition que nous avons suivi de près au sein du Parlement européen.
Ce nouveau souffle venant de ce quadragénaire roumain semble porter un espoir pour l'agriculture paysanne européenne.

Tout reste à faire et le travail de lobby de ECVC et EMB sera très important ces prochains mois.

Xavier Delwarte

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Agrafil spécial Dacian Ciolos

Commission européenne : examen de passage réussi pour Dacian Ciolos


Pendant plus de trois heures, Dacian Ciolos, le commissaire européen désigné à l’agriculture, n’a pratiquement fait aucune référence, vendredi 15 janvier, devant le Parlement européen, à son prédécesseur à ce poste, la très libérale Mariann Fischer Boel. Alors qu’il était soumis au feu des questions parlementaires, préalable à sa prise de fonction, l’ancien ministre roumain de l’agriculture a offert une vision radicalement différente de la Pac, notamment sur la question budgétaire et sur celle de la gestion des marchés.
« Il faut renforcer la crédibilité de la Pac », a-t-il lancé au détour d’un long plaidoyer pour une politique qui offre « plus de prévisibilité aux agriculteurs, des aliments sûrs et sains aux consommateurs et une garantie aux contribuables que leur argent est bien utilisé ». « Nous sommes rassurés », s’est réjoui Paolo de Castro, le président de la commission agricole du Parlement européen, qui lui a apporté un soutien chaleureux. Les groupes politiques ont d’ailleurs salué à l’unanimité la prestation de M. Ciolos.

Un budget « digne de ce nom »

M. Ciolos n’a, toutefois, pas abandonné l’idée de réformer la Pac, loin de là. Celle-ci « a besoin d’une réforme […]. Le secteur agricole a beaucoup changé », a-t-il insisté en référence aux défis climatiques et environnementaux. Pour cette raison, « le budget de la Pac doit rester important […]. Je suis prêt à discuter de la répartition des fonds mais le coût de la non-subvention de l’agriculture serait trop important ». M. Ciolos s’est engagé à défendre un budget « digne de ce nom » auprès de ses futurs collègues. Il y a un flou à ce stade sur la répartition des fonds qui, a-t-il fait remarquer, ne dépend pas que de lui. Le futur commissaire a défendu le principe de deux piliers pour la Pac.

Des mécanismes de marché « modernes »

Le commissaire roumain s’est aussi fait le chantre de mécanismes de gestion modernes qui permettent de « corriger les défaillances du marché ». Ceux-ci doivent être « rapides » et « flexibles ». « Nous ne pouvons pas nous permettre des crises qui touchent de façon irrémédiable des pans entiers de notre agriculture », a-t-il lancé. En tout état de cause, selon M. Ciolos, « la reprise des anciens outils de marché n’est pas une solution pour l’avenir ». S’il a refusé de rentrer dans le détail de ses idées sur ce point, le futur commissaire a toutefois cité la possibilité de généraliser des outils déjà testés dans certains secteurs tels que les fonds de garanties agricoles, les assurances récoltes ou encore des mécanismes utilisés par exemple dans le domaine des fruits et légumes.

Quelques entorses à la politique de la concurrence

À ce propos, alors que le secteur laitier se remet à peine d’une violente crise de marché, le futur commissaire a écarté toute idée de revenir sur la fin des quotas programmée pour 2015. Cette décision « a déjà été prise, les discussions ont déjà eu lieu », a-t-il simplement relevé. Et de nuancer : « il est nécessaire de faire en sorte que l’élimination des quotas, qui ouvre des possibilités nouvelles pour certains éleveurs, n’affecte pas certaines régions spécifiques, qui ont des problèmes spécifiques ».
M. Ciolos s’est montré ouvert à de nouvelles formes de régulation, mais hostile au retour d’interventions administratives ou « d’îlots de réglementation étroite » sur le marché commun. Il a avancé l’idée de développer davantage la contractualisation entre les différents acteurs de la chaîne agroalimentaire pour structurer les marchés. Quitte, parfois, à accorder « quelques dérogations aux règles de la concurrence ». Une remarque particulièrement bien accueille par les milieux agricoles européens.

Des aides directes plus justes

De plus, les aides directes au revenu des agriculteurs sont, elles aussi, un outil de régulation, a fait valoir en substance le commissaire, et elles ont « prouvé leur efficacité ». Elles permettent, a-t-il rappelé, de maintenir une certaine stabilité des revenus agricoles. En revanche, à l’avenir, elles devront être attribuées sur une « nouvelle base plus réaliste » de façon à être « équitables entre agriculteurs, entre régions et entre les États membres », a défendu M. Ciolos. Ce dernier s’est donc montré farouchement opposé au maintien de toute référence historique dans le calcul des aides, comme c’est le cas aujourd’hui dans les anciens pays membres de la Communauté. « Je dois trouver de nouveaux critères » pour la répartition des aides, a-t-il dit.

Pour un accord à l’OMC qui « bénéficierait à tout le monde »

Abordant la question de l’OMC, M. Ciolos a estimé que l’Europe a déjà « fait des concessions importantes. Nous avons atteint la limite possible en matière d’accès aux marchés ». Cependant, le futur commissaire s’est dit favorable à un accord « qui bénéficierait à tout le monde ». « Je n’ai pas l’intention de choisir la libéralisation pour la libéralisation, mais il s’agit de mettre en valeur le potentiel de compétitivité de l’agriculture », a-t-il fait remarquer. D’ailleurs, moins tranché que Mme Fischer Boel sur ce point, Dacian Ciolos a jugé que les restitutions à l’exportation n’étaient « pas une solution essentielle pour l’avenir », mais qu’elles pouvaient être maintenues « dans certains secteurs ».
 
 

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