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10 raisons de ne pas reconduire Mariann Fischer Boel au poste de Commissaire à l’Agriculture
Mariann Fischer Boel envisage sérieusement sa reconduction au poste de Commissaire européenne à l'Agriculture et au
Développement rural sur conseil du libéral Barroso et ce malgré les avis négatifs du Parlement européen ce 21/9/9.
C’est INACCEPTABLE, tant le bilan de la Danoise, propriétaire d’une grande exploitation industrielle agricole
(voir son patrimoine sur internet), s’est avéré désastreux pour l’agriculture paysanne européenne, au moins pour 10 raisons :
1) Le Bilan de santé était supposé être une évaluation à mi-parcours du processus de réforme initié en 2003. Cela n’a pas été le cas : l’Accord adopté en novembre 2008 a renforcé les orientations définies en 2003 sans que la Commission ne procède au préalable à la moindre évaluation critique et objective de leurs conséquences économiques, sociales ou écologiques au regard des attentes légitimes de la société envers l’agriculture et des principes et objectifs généraux sensés régir la PAC ;
2) La situation catastrophique des producteurs de lait européens découle très largement des orientations privilégiées par la PAC, dont celles initiées en 2003 (découplage, baisse des prix et des volumes d’intervention pour le beurre et la poudre de lait, hausse des quotas en vue de leur démantèlement en 2015,…) ;
3) Les réponses apportées par la Commission européenne depuis mai 2008 à la crise du secteur laitier (prolongation de l’intervention, aide au stockage privé pour le beurre, avancement du paiement des aides, restitutions à l’exportation, …) ont démontré leur inefficience flagrante. Or Mariann Fischer Boel ne tire aucun enseignement de cet échec cuisant : elle maintient le même cap envers et contre tout, refusant obstinément toute perspective de réduction des quotas laitiers au bien fondé pourtant évident. Si évident qu’il est permis de s’interroger : l’expression « loi de l’offre et de la demande » évoque-t-elle quelque chose dans l’esprit de la Commissaire ? Mme Boel est devenue « autiste ».
4) Dans le rapport publié le 21 juillet par la Commission européenne sur la situation du secteur laitier, la Commission européenne avoue en toute transparence viser une « restructuration » du secteur laitier. C'est-à-dire la concentration de la production laitière en un nombre restreint d’exploitations plus grandes et intensives, et la disparition d’un grand nombre de fermes. Cette ambition viole un objectif fondamental de la PAC depuis son origine (Traité de Rome) : assurer un revenu minimum pour les agriculteurs, de fixer les prix ;
5) Les orientations actuelles de la PAC, caractérisées par l’absence de mesures efficaces de contrôle des importations, ne respectent plus le principe de la préférence communautaire, pourtant lui aussi inscrit au fondement de la PAC ;
6) Les dispositions actuelles de la PAC organisent le déséquilibre des rapports de force entre acteurs de chaînes agroalimentaires, à l’avantage de l’industrie fournisseuse d’intrants, de l’industrie de transformation agroalimentaire et de la grande distribution, qui s’appuient sur leur immense pouvoir de marché pour imposer leurs conditions d’achat et de vente abusives aux producteurs agricoles, chroniquement payés à des prix inférieurs à leurs coûts de production. Mais aussi aux consommateurs, forcés à acheter bon nombre de biens alimentaires à des prix exagérément bas pour le produit d’appel et à des prix exagérément élevés, ce qui contredit cet autre objectif fondamental de la PAC : fournir des produits alimentaires à des prix raisonnables aux consommateurs ;
7) La PAC actuelle est source de pratiques de dumping économique à l’importation et à l’exportation (importation et exportation à des prix inférieurs aux coûts de production du pays/de la région importatrice/exportatrice), potentiellement très préjudiciables aux producteurs du Nord et des populations des pays tiers, des PMA (Pays Moins Avancés) et en développement ;
8) Mariann Fischer Boel soutient la politique de l’Union européenne en matière de biocarburants (objectif d'incorporation de 5,75% de biocarburants dans les carburants utilisés pour les transports en 2010 et 10% en 2020). En plus d’avoir contribué à la flambée des prix alimentaires (huile de colza, maïs) et aux émeutes de la faim qu’elle a déclenchées, cette politique encourage dans les pays tiers le développement d’une agriculture industrielle d’exportation, synonyme de violation des droits humains fondamentaux et de dégradation de l’environnement: exclusion foncière de paysans, perte de biodiversité découlant de déforestations massives, émissions de gaz à effets de serre résultant des incendies de forêts vouées à laisser la place aux cultures d’agrocarburants, exploitation massive de travailleurs dans certaines plantations (esclavage au Brésil et en Colombie) ;
9) La PAC actuelle demeure très inégalitaire, par exemple dans la répartition des subventions entre pays, régions, exploitations et types de production, ainsi que dans la répartition des quotas laitiers. Ces inégalités favorisent clairement une compétition déloyale et le développement d’une agriculture industrielle, très éloignée du modèle d’agriculture paysanne familiale que l’Union européenne prétend soutenir ;
10) Les consommateurs européens sont particulièrement préoccupés par les risques économiques, sociaux, écologiques ou sanitaires associés aux importations, à la production, à l’utilisation et la consommation d’OGM au sein de l’espace communautaire. Une grande majorité d’entre eux ne veut pas d’OGM. Compte tenu de ces risques incontestables et de l’opinion du grand public, le respect du principe de précaution implique un moratoire sur l’importation d’OGM ou de produits qui en contiennent (même à faible dose) ainsi qu’en matière de production d’OGM sur le territoire européen. Mariann Fischer Boel, favorable au développement des OGM, ne prend nullement en compte ce principe de précaution. Exemple parmi d’autres : les importations européennes de viandes provenant de bétail nourri au soja génétiquement modifié. Ces importations répondent-elles aux attentes de la société ?
L’avenir d’une agriculture paysanne économiquement, socialement et écologiquement durable, respectueuse de la Souveraineté alimentaire et de la solidarité nord/Sud, implique une réorientation profonde de la PAC. Mariann Fischer Boel n’est tout simplement pas à la hauteur d’un tel défi.
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