Communiqués de presse
Lait
Vers quelle durabilité du secteur
laitier voulons-nous nous orienter?
Namur, le 22 juin 2012,
La durabilité selon la CBL
L'industrie laitière belge a annoncé avoir réalisé un chiffre d'affaires de 4,5 milliards d'euros en 2011 lors de son assemblée générale le 8 juin 2012. La CBL s'auto-félicite de continuer de travailler pour rendre le secteur plus durable dans les années à venir. Toutefois, peut-on parler dans les mêmes termes de durabilité dans le secteur agricole? On peut certainement parler de dépendance en matière de paiement de la production laitière Le prix du lait fourni par l'éleveur à la laiterie ne leur est communiqué que 20 jours après la fourniture, prix imposé par la laiterie sans négociation. Les chiffres sont édifiants: depuis les années 1990, le nombre d'éleveurs laitiers a été divisé par trois.
La FUGEA dénonce le discours de l'industrie laitière qui assure haut et fort que la filière lait se porte bien, incitant les laitiers à accroître leur production. L'industrie laitière exporte le surplus de production à bas prix sur les marchés extérieurs. Pour cela, la CBL a besoin que les éleveurs laitiers produisent davantage pour développer le potentiel des marchés. Tel est l'avenir du secteur laitier wallon pour la CBL. Ainsi elle est fière d'annoncer que les volumes moyens produits ont doublé en 10 ans atteignant pour la période 2011/2012 un montant de 3,3 milliards de litres de lait.
La FUGEA fustige la déclaration de la CBL qui affirme qu'en Belgique, « 9 145 éleveurs sont fortement dépendants des prestations de l'industrie laitière pour leur revenu ». Il serait plus judicieux de parler d'inter-dépendance entre les éleveurs et le secteur. Toutefois, nous déplorons aussi que la CBL omette d'indiquer que ces revenus sont trop faibles pour permettre aux éleveurs de rembourser leurs coûts de production. Ce dernier point et le manque de vision à moyen et long terme de la spéculation laitière expliquent en partie la diminution de 41% du nombre d'éleveurs livrant en laiterie en 10 ans! Cette dépendance est donc néfaste pour les éleveurs car leur pouvoir de négociation face à l'industrie est nul.
Une durabilité qui doit être axée sur la régulation de la production
A ce sujet, la FUGEA a averti ses partenaires du secteur laitier que le débat sur le nombre d'organisations de producteurs (OP) et le nombre minimum de membres qu'une OP doit avoir pour se constituer, ne permettra pas au prix du lait de remonter. Seule une régulation de la production permettra au prix de devenir rémunérateur. Donc la FUGEA se défend de formuler un avis sur des bases législatives mauvaises car les OP ne concerneront pas tous les laitiers mais seulement ceux livrant à une industrie privée. La non-implication des coopérateurs limite le pouvoir des OP face à l'industrie laitière. Si les OP sont mises en place, il n'en faut qu'une et une seule pour regrouper tous les éleveurs laitiers. Tel fut le discours que nous avons tenu lors de la dernière réunion de concertation sur le lait au Cabinet du Ministre Di Antonio.
La FUGEA déplore également que le secteur laitier et les autorités européennes relativisent la situation dans ce secteur. La situation actuelle est pire qu'en 2009 en raison du prix des intrants toujours plus en hausse.
La FUGEA tient à alerter tous les acteurs de la filière laitière ainsi que les autorités publiques que la durabilité du secteur laitier sera mise à mal dans les prochaines années si nous ne faisons pas attention à :
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mettre en place une véritable régulation de la production laitière en adaptant la production en fonction de la demande, que celle-ci soit en hausse ou en baisse;
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inciter des jeunes à s'installer ou à reprendre une ferme laitière à taille humaine et qui tendent vers l'autonomie financière et fourragère.
Un secteur qui a de l'avenir pense à sa relève!
La FUGEA milite pour que l'agriculteur garde son indépendance face à l'amont et à l'aval de la filière!
Philippe Duvivier Frédéric Callemeyn Patrick Dejonckheere
Président Vice-Président Secrétaire
Gwenaëlle Martin
Attachée politique
0491/56.33.88
